Selon la Fédération du Commerce Spécialisé Procos, 55% des villes moyennes enregistrent un taux de vacance commerciale d'au moins 10% en France. Le e-commerce est souvent évoqué pour parler des difficultés des commerces physiques. Dans les villes de moins de 100 000 habitants, la cause la plus couramment citée est l'installation de centres commerciaux à leur périphérie. Dans ce cas, le e-commerce, et la digitalisation d'une manière générale, peut être vécue, non pas comme une menace, mais comme une opportunité. S’il est bien orchestré, il peut devenir une source de développement économique pour les petites et moyennes villes, et aider à la lutte contre la désertification de ces territoires.

Les sociétés de coursier diversifient leurs offres de logistique du dernier kilomètre

Pour l'instant, les offres « urbaines » de livraison le jour même ou en quelques heures existent encore peu en zones rurales ou dans les villes de moins de 10 000 habitants, notamment par manque de solution logistique du dernier kilomètre. Mais c'est en développant la demande que l'offre pourra s'installer. 

Le commerce physique joue un rôle essentiel dans la logistique de l’e-commerce, au travers notamment des points-relais, qui sont là pour réceptionner les commandes passées en ligne mais aussi pour récupérer les colis non livrés pour cause d'absence du destinataire. Selon l'étude de la Fevad sur les chiffres-clés 2020 du e-commerce, 45% des e-marchands TPME sont implantés dans des communes de moins de 10 000 habitants (25% dans des communes de moins de 5 000 habitants) et que la moitié de ces entreprises exploitent un commerce en centre-ville. En poussant la diversification de leur offre un peu plus loin encore, les commerces peuvent d'autant plus développer leur activité, en vendant eux aussi sur Internet et en proposant à leur tour la livraison à domicile

De plus en plus de commerces ont d'ailleurs fait ce choix leur assurant une zone de chalandise plus large qu'auparavant et une diversification de leur clientèle. La Fevad évalue ainsi à 14% la hausse du chiffre d'affaires pour un marchand qui utilise les deux canaux de distribution simultanément. Mais cette évolution reste pour un commerce de proximité un effort important. Il s’agit en effet d’une modification sensible du métier : créer un site internet, le mettre à jour, assurer le service client, enregistrer des commandes, les préparer, les emballer, les remettre à un réseau de transport, éventuellement gérer les retours...

Retours à la demande

Les prérequis pour une lancer son offre e-commerce 

Créer un site e-commerce est la première étape. Selon une étude, un commerçant sur deux n'en aurait pas encore. La démarche n'est effectivement pas évidente : établir le cahier des charges, définir l'assortiment et les familles de produits, enrichir le site de produits, de prix, de promotions régulièrement, mise en place d'un module de paiement, gestion de la relation client... la liste est longue. Outre leur présence sur le Net, ces petits commerces doivent également s'entourer de partenaires fiables pour les accompagner dans la mise en place de ces nouveaux services. Le transport de la marchandise depuis le magasin jusqu'au domicile des clients est un maillon fondamental, notamment du fait du coût qu'il représente pour le commerce.  

L’expérience client est un élément essentiel : Une livraison réussie est une livraison qui fidélise.

En la matière, si les offres sont pléthoriques, elles ne se valent pas toutes. Stuart, entreprise créée en 2015 et filiale de DPDGroup, accompagne ces commerces en proposant un paiement à la course, sans engagement, et sans majoration forfaitaire le soir ou le week-end. Avec un prix annoncé dès la commande de la course, l'enseigne n'a pas de mauvaise surprise à l'envoi de la facture. Un détail, pourtant crucial, pour des activités à la trésorerie légère... Stuart a également développé des partenariats avec des places de marché telles que Epicery, Ollca ou encore Rapidle, pour la mise en ligne de catalogue de produits de ces commerces qui n'auraient pas encore pu développer leur site e-commerce en propre.

Vers un village 2.0

Accompagnés par des acteurs tels que Stuart, les commerces des villes de moins de 10 000 habitants engageront plus facilement leur transformation numérique. Pour autant, les commerces ne sont pas les seuls impliqués dans leur transformation. L'Etat et la Ville ont également un rôle à jouer, avec pour exemple la mise en place de connexions Internet Haut Débit, à même de supporter le développement du e-commerce, tant du côté de l'offre que de la demande. 

En 2018, le gouvernement a par ailleurs lancé le programme « Action Coeur de Ville », avec l'objectif de revitaliser les villes à travers le commerce. 222 villes moyennes, situées dans toutes les régions, ont ainsi signé une convention avec l'Etat, leur allouant 5 milliards d'euros sur cinq ans, pour répondre aux « dysfonctionnements dans tous les domaines : l'habitat, le commerce, la création d'emplois, les transports et la mobilité, le développement des usages des outils numériques, ... », indique le dossier de presse. Faire revivre les centres-villes repose sur une démarche globale, qui implique acteurs publics comme acteurs privés. Les commerces ont besoin d'être formés, soutenus et accompagnés par les élus, et par des partenaires logistiques compétents.

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